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Repose-toi comme un CHAMPION

By juillet 27, 2020No Comments

Repose-toi comme un CHAMPION

par Amélie Desrochers

Repose-toi comme un CHAMPION

Maxime Hénault est une bête d’entraîneur en plus d’être un entrepreneur insane. Il a bâti un centre d’entraînement de snowboard de calibre international dans les Laurentides et aide présentement une équipe à bâtir un concept similaire sur les pentes de Whistler.

Des athlètes olympiques comme Sébastien Toutant, Laurie Blouin, Maxence Parrot, Mark McMorris et plein d’autres s’entraînent chez lui et avec lui. Des athlètes d’aussi loin que la Norvège passent par les pentes du nord du Québec avant d’accéder à des podiums olympiques.

L’approche de Max’ est assez controversée. Son motto est : NO DAYS OFF. Ce qui doit sonner des cloches chez beaucoup d’entrepreneurs. Se donner au max, tout le temps. En fait, non. Pas vraiment. Pour Max, le secret c’est la répétition. Parce que plus tu t’entraînes, plus t’es bon. Un grand classique. Selon Max, un athlète doit s’entraîner tous les jours, mais il doit aussi apprendre à s’autoréguler. C’est ça la clé. Il insiste donc sur l’importance de ne jamais se surentrainer. C’est important de connaître ses limites et d’arrêter bien avant de se sentir à plat. Au premier signe de fatigue, l’athlète doit s’écouter et arrêter ou shifter vers une pratique axée sur le plaisir et la détente. Le pacing, ça mène à des décennie d’entraînements réguliers méga efficaces. Et c’est ça qui t’amènes à être à ton meilleur!

Notre psychologue en résidence Sandra Taddeo explique : La plupart des athlètes et des gens qui sont habitué à performer à haute intensité ont beaucoup trop d’énergie pour le fameux remède Dolce far niente. Rester assis à rien faire peut aussi générer beaucoup d’anxiété et trop d’inconfort émotionnel dans certains cas. Selon Max Hénault, pour les athlètes à haute intensité comme Sébastien Toutant, un jour OFF, ça veut souvent dire 36 trous de golf ou se claquer un petit 30k de course (!) Pour des humains un peu hyperactifs, Sandra recommande une belle rando de quelques heures en nature, une aventure en stand-up paddle, seul ou accompagné d’amis légers et chill. 

En d’autres mots, ça veut dire relaxer et lâcher son fou. Même si c’est pour quelques minutes. 

En fait, qu’on soit un top athlète ou un entrepreneur, être focus et dédié à un projet amène des hauts niveaux de dopamine, d’endorphines et d’autres hormones associées au plaisir et au bien-être (comme la sérotonine ou l’oxytocin). Ça veut donc dire qu’on a un gros high, qu’on flotte souvent sur une nuage de bien-être, et ce malgré la fatigue physique. Sandra explique : “ l’exercice physique génère beaucoup de dopamine et d’endorphine, comme le font plusieurs drogues. Ces molécules agissent comme des neurotransmetteurs dans le cerveau qui sont associés à des sensations de plaisir en plus d’avoir des effets relaxants qui minimisent le stress. Ces neurotransmetteurs qui génèrent des sensations qui sont associées au plaisir et au bien-être sont reconnues comme jouant un rôle clé dans les processus de dépendance.  Pour en apprendre plus sur le phénomène, Sandra nous dirige vers ce lien. Pour ce qui est de la dopamine, c’est une molécule de motivation qui te mène à atteindre des objectifs et à chercher des récompenses. Bref, t’en as besoin pour avoir du succès! Ça prend des hauts niveaux de dopamine pour supporter des comportements liés à l’atteinte d’objectif, point final. “ Un haut niveau d’hormones liées au bien-être peut te faire sentir vraiment très fort, on top of your game et en parfait contrôle quand tu te claques des semaines de 70 heures. C’est très rassurant de sentir ça pour certains types de personnalités” ajoute Sandra. Elle en profite aussi pour casser le mythe lié à l’adrénaline. 

‘Ce qu’on appelle être addict à des rush d’adrénaline n’est pas prouvé scientifiquement. Il n’existe pas actuellement de preuves convaincantes liées à un tel phénomène. La littérature est très mince sur le sujet et on le comprend assez mal pour le moment.’

La drogue naturelle c’est super,  mais il faut quand même se rappeler : ton corp a besoin de repos. Parce que c’est pendant des périodes de récupération que ton système interne se repose et s’améliore.  Par exemple, pour le sport, l’automatisation de la motricité (la mémoire des mouvements et la précision) ainsi que l’amélioration des fonctions liées à la structure et au métabolisme (la réparation des muscles, le développement du système sanguin, les capacités respiratoires, l’efficacité cardiaque, etc.) tout ça se produit pendant les périodes de récupération. Si on transpose ça à un travail plus intellectuel, ça veut dire que la régénération des cellules cérébrales, incluant comment les neurones communiquent entre elle, se passe pendant le sommeil et les périodes de repos. Donc, t’as besoin de ce que les coachs appellent la phase de récupération

Tout ça pour dire que tu as absolument besoin de vacances. Le ho-so terrible V-word. Mais pourquoi a-t-on si peur de ça, surtout dans la communauté startup ?

Selon Sandra, la réponse est assez simple : les symptômes de sevrage et la peur de ne pas en faire assez. ‘Dans la phase de taper, qui s’entame juste avant une grosse compétition, les athlètes sont forcés de réduire leur entraînement graduellement de 70% à 20% de leur charge habituelle d’entraînement, pour plusieurs semaines. Des plus petites charges d’entraînements veulent nécessairement dire beaucoup moins d’endorphine et de dopamine. Les influx d’hormones qui favorisent le sentiments de bien-être s’évaporent et c’est bien commun pour les athlètes de ressentir des sentiments d’anxiété, de culpabilité et d’extrême vulnérabilité pendant ces périodes charnières. Ça fait partie de leur travail, en tant qu’athlète de haut niveau, d’apprendre à apprivoiser ces périodes d’inconfort. Ils doivent apprendre à les intégrer à leur routine comme toutes les autres sensations liées à la haute performance. “Ils doivent apprendre à accepter ces sentiments hors de leur zone de confort et les intégrer aussi bien que les high intenses et l’ivresse qui viennent avec le fait de faire du sport à un niveau élite”, rappelle Sandra. Ce phénomène peut très bien se transposer chez les entrepreneurs en période de ralentissement et de vacances. Les sentiments habituels font partie de la game. Il suffit d’apprendre à dealer avec eux.

Alors, devrais-tu complètement arrêter la machine et déconnecter pendant tes vacances? Devrais-tu te permettre cette folie qu’est prendre des vacances? La réponse est ABSOLUMENT!  Fais le avant tout pour ton corp. Traite l’expérience comme une cure restaurative bien méritée pour tes neurotransmitters fatigués. La dopamine et les endorphines sont probablement tes meilleurs alliés en temps normal, mais reste que l’exercice et le travail sans relâche peuvent seulement faire un bout de chemin. Tu ne peux pas perpétuellement maintenir ce high, aussi naturel soit-il. Le crash est inévitable si tu n’apprends pas à moduler ta cadence de temps en temps. C’est le temps de prendre un pas de recul et de faire un arrêt au puit comme ils disent si bien en course automobile. Mais reste alerte à ce que ton corp a besoin et choisi tes activités (et ton entourage) en conséquence.

Certains entrepreneurs en mènent très large pendant de longues périodes. D’en bas, ils ont l’air d’une tornade intuable. Mais quand ils s’arrêtent, les plus brillants d’entre eux savent bien qu’il est temps de faire un total shutdown. Que ce soit de manière contrôlée ou non, ils ressentent le besoin de s’écrouler complètement pour plusieurs jours. Ils s’enferment au lit avec un sac de Cheetos, beaucoup trop de take out et Tiger King, encore une fois. 

Pour d’autres, prendre une pause veut simplement dire courir un 10k au lieu de 30. Ça veut dire naiser avec ses amis autour d’un feu, faire le ménage de son disque dure ou assembler le plus complexe des Bar-B-Q ou bâtir une mini-maison dans sa cour. 

Peu importe ta recette, assure-toi de laisser ton esprit vaquer à d’autres occupations, aussi futiles soient-elle. Ça se peut que les sentiments qui viennent avec ça soient difficiles à vivre. Mais comme le souligne le coach de triathlon Charles Perrault : pas besoin de déconnecter complètement. Tu peux te permettre d’opérer à 20 ou 30% de tes capacités pendant cette période. Il te promet une chose : les bénéfices que tu vas en retirer en valent vraiment la peine. Et pour ce qui est du controversé coach NO DAYS OFF Max Hénault, il nous rappelle l’importance du pacing et de déconnecter mentalement en faisant des niaiseries et des choses le fun. Pour lui, ça veut dire des moves cool et plus faciles en snow. Son conseil : aussitôt que tu sens une fatigue physique ou mentale, c’est crucial de réagir immédiatement. C’est le temps de stopper l’intensité et la complexité! Tu termines l’entraînement tout en douceur en t’amusant avec ta gang. Ton focus change complètement, tu prends les choses beaucoup moins au sérieux et tu gagnes énormément à long terme.”

À PROPOS DE L’AUTEUR

Amélie Desrochers

Amélie a aidé son père à scaler une entreprise en tech pendant toute sa vingtaine. Elle a appris à la dure, the old school way. Elle s’est ensuite métamorphosée en diplomate et conseillère stratégique en innovation. Toujours deux pas devant, Am retire beaucoup de plaisir à détruire les vieilles structures (tout en ayant le souci de respecter ce qui existe) et trouve toujours de nouvelles opportunités de réprendre ce qu’elle appelle ‘la contamination créative’. Geek et économiste, sa fascination pour les écosystèmes d’innovation l’ont menée à San Francisco, Toronto, Mexico, Montréal et maintenant à Grand-Métis, aux portes de la Gaspésie. Après avoir passé plus d’une décennie à perfectioner l’art de trouver l’équilibre entre la nature, le monde techno et le design, elle cultive maintenant l’innovation et plusieurs projets créatifs au coeur d’un grand jardin situé au bord du fleuve St-Laurent.

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